|







|
|
Des
gens de tous les coins de la Suisse et de 26 autres pays firent
le voyage à la petite ville de montagne d'Interlaken pour
célébrer le centenaire de l'introduction de la foi
bahá'íe en Suisse. Parmi les invités se trouvèrent
beaucoup d'amis qui sont étroitement liés au développement
de cette communauté.
Le choix d'Interlaken pour lieu de congrès fut motivé
par le fait que cette ville fut chère à Shoghi Effendi,
le chef spirituel de la foi bahá'íe à partir
de 1921 jusqu'à son décès en 1957. Il eut pris
grand soin de la communauté suisse pendant toutes les années
importantes de développement et il eut personnellement trouvé
des moments rares de pause de sont lourd fardeau dans les montagnes
des alentours.
La toute première bahá'íe résidant en
Suisse fut la franco-américaine Miss Edith MacKaye (1879-1959).
Elle eut connu cette religion à Paris par une jeune américaine,
Miss May Bolles, et décida immédiatement que le message
de l'unité du monde serait celui qui guiderait sa vie. Ce
fut en 1900. Pendant un séjour de vacances dans la vallée
du Rhône au Valais en 1902 elle rencontra son futur mari,
un dentiste originaire de la région, le dr Joseph de Bons
(1871-1959) qui accepta également ce nouveau message. Le
couple de Bons rendit visite à 'Abdu'l-Bahá, le fils
du Prophète Fondateur de la Foi bahá'íe, en
Palestine en 1906 quand il fut encore prisonnier de l'empire ottoman.
À la réunion d'Interlaken la petite fille des de Bons
raconta avec des paroles émouvantes l'histoire de ses grands-parents.
[Photo de famille, 1911]
Un des premier bahá'ís de Suisse - et sans doute le
membre le plus éminent de l'époque - fut le professeur
Auguste Forel [photo]. Psychiatre et philosophe mondialement connu,
le professeur Forel accepta la foi bahá'íe en 1920.
Dans son testament il écrivit:
« En 1920 je pris connaissance de la religion transconfessionnelle
des bahá'ís, fondée en orient il y a plus de
75 ans par le persan Bahá'u'lláh. C'est la vraie religion
du bien social de l'humanité, sans dogmes ni prêtres,
unissant tous les êtres humains vivant sur notre petit globe.
Je suis devenu bahá'í. Que cette religion vive et
prospère pour le bien de l'humanité; c'est mon souhait
le plus ardent. »
La petite fille de Forel, Mme. Annemarie Krüger, qui fut née
en 1918 dans la maison de Forel dans le petit village d'Yvorne fut
également présente à la célébration.
Elle eut fait le voyage à Interlaken de Sofia en Bulgarie,
où elle est engagée dans le développement de
la communauté bahá'íe bulgare depuis vingt
ans. Elle fut également la première bahá'íe
à apporter cette religion en Moldavie; c'est pour cela qu'elle
fut nommée « Chevalière de Bahá'u'lláh.
»
Une contribution importante fut rendue par la Suisse pendant la
deuxième guerre mondiale. Quand la foi bahá'íe
fut interdite sous le régime nazi en Allemagne la petite
poignée de bahá'ís en Suisse représenta
une forteresse de ce message de paix en Europe centrale. Ils continuèrent
de publier de la littérature bahá'íe en allemand
de sorte qu'après la guerre il y eut un stock de publications
en allemand prêt à remplacer la littérature
bahá'íe confisquée et détruite sous
le régime nazi. Parmi la poignée de croyants suisses
de l'époque fut Fritz Semle qui avait connu les horreurs
de la première guerre mondiale et qui, quand il fit la connaissance
de la religion bahá'íe en 1920, l'embrassa immédiatement
et voua sa vie à ce message de la paix mondiale, en partie
par le foyer d'enfants qu'il fonda avec sa femme. Son fils Niels
fut à Interlaken pour partager ses souvenirs de son père
et pour rendre hommage à sa vie de service à la foi
bahá'íe en Suisse et au développement moral
de générations d'enfants et de jeunes gens.
La communauté bahá'íe de Suisse est maintenant
établie dans quelques 220 localités dans tout le pays.
Le travail est coordonné et guidé par une assemblée
nationale élue démocratiquement, mais l'organisation
est largement décentralisée. Bien établie au
niveau local, la base de la communauté est composée
de membres d'origines culturelles, linguistiques, ethniques et religieuses
différentes.
En fait la communauté bahá'íe suisse comprend
aujourd'hui des gens de provenance de plus de 60 nations et territoires
importants du monde. Cette diversité contribue à la
richesse de la vie communautaire. Ce n'est cependant pas un mélange
des cultures à sens unique puisque des bahá'ís
de Suisse ont également voyagé dans plus de 160 pays
et territoires pour assister leurs frères et sœurs dans
le développement de communautés locales et nationales
dans le monde entier.
Une des caractéristiques de la communauté bahá'íe
suisse est son engagement pour l'égalité des femmes
et des hommes. En fait, la chancelière de la Confédération,
Mme. Annemarie Huber-Hotz, félicita la communauté
bahá'íe à une réception récente
à l'occasion du centenaire disant: « Dans votre
religion, des droits égaux entre femmes et hommes sont et
ont toujours été un principe et vous avez traduit
ces principes dans votre vie quotidienne. »
L'engagement de la communauté suisse pour l'égalité
et l'avancement de la femme fut illustré par deux points
culminants du week-end de célébration:
Mme. Renée Bahy-Vuichet qui joignit la communauté
en 1949 fut présente à la fête. Peu après
sa déclaration elle alla avec son mari vivre en Iran du sud
où elle s'engagea pour l'éducation des enfants - des
garçons et des filles - et pour l'avancement des femmes.
Quand elle rentra en Suisse dans les années soixante pour
assurer l'éducation de ses propres filles Mme. Bahy fut parmi
les membres fondateurs de l'Association Suisse des Femmes. Elle
fut présente à Interlaken avec ses deux filles, quatre
petites-filles et une arrière petite-fille [photo].
Un autre résultat des activités de la communauté
bahá'íe suisse dans le domaine de l'égalité
d'hommes et femmes se trouve dans le rôle que les femmes jouèrent
dans l'Assemblée nationale de la religion bahá'íe,
l'institution exécutive des bahá'ís de Suisse,
composée de neuf membres et élue démocratiquement.
Déjà en 1953, quand la première Assemblée
fut élue (assemblée interrégionale Italie -
Suisse), il y eut 4 hommes et 5 femmes dont la fille de la première
bahá'íe suisse, Edith de Bons. [photo]
Actuellement, l'Assemblée spirituelle nationale est composée
de 6 femmes et 3 hommes provenant des quatre régions linguistiques.
Des 57 personnes qui ont servi dans cette institution pendant son
histoire cinquantenaire 29 furent des femmes et 28 des hommes. Un
tel résultat remarquable n'est pas la conséquence
d'un système de quotas quelconque où d'égalité
forcée. C'est plutôt le résultat naturel d'un
procès électoral particulier où il n'y a pas
de candidats, pas de campagne électorale et pas de propagande.
Les électeurs remplissent leur bulletin dans une atmosphère
de prière pour ceux qu'ils considèrent les plus capables;
et les élus acceptent volontiers de servir la communauté
dans un esprit de service.
Dans les paroles de fin de ce week-end voué à l'histoire
de la foi en Suisse l'Assemblée Nationale fit appel aux participants
de prendre de l'inspiration et des forces de ceux qui les précédèrent
et de rendre des services grands et durables à l'humanité,
chacun et chacune selon ses capacités.
Encore
des photos
|
|