Baha'i Suisse
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Interlaken 2003
Les baha'is suisse fêtent 100 ans

 

Swiss Baha'i Centenary Logo

Baha'is gathered in Interlaken

First Swiss Baha'is

Auguste Forel

First Italo-Swiss National Spiritual Assembly

4 Generations

Zurich Baha'i Choir

 

 

 

Des gens de tous les coins de la Suisse et de 26 autres pays firent le voyage à la petite ville de montagne d'Interlaken pour célébrer le centenaire de l'introduction de la foi bahá'íe en Suisse. Parmi les invités se trouvèrent beaucoup d'amis qui sont étroitement liés au développement de cette communauté.

Le choix d'Interlaken pour lieu de congrès fut motivé par le fait que cette ville fut chère à Shoghi Effendi, le chef spirituel de la foi bahá'íe à partir de 1921 jusqu'à son décès en 1957. Il eut pris grand soin de la communauté suisse pendant toutes les années importantes de développement et il eut personnellement trouvé des moments rares de pause de sont lourd fardeau dans les montagnes des alentours.

La toute première bahá'íe résidant en Suisse fut la franco-américaine Miss Edith MacKaye (1879-1959). Elle eut connu cette religion à Paris par une jeune américaine, Miss May Bolles, et décida immédiatement que le message de l'unité du monde serait celui qui guiderait sa vie. Ce fut en 1900. Pendant un séjour de vacances dans la vallée du Rhône au Valais en 1902 elle rencontra son futur mari, un dentiste originaire de la région, le dr Joseph de Bons (1871-1959) qui accepta également ce nouveau message. Le couple de Bons rendit visite à 'Abdu'l-Bahá, le fils du Prophète Fondateur de la Foi bahá'íe, en Palestine en 1906 quand il fut encore prisonnier de l'empire ottoman. À la réunion d'Interlaken la petite fille des de Bons raconta avec des paroles émouvantes l'histoire de ses grands-parents.
[Photo de famille, 1911]

Un des premier bahá'ís de Suisse - et sans doute le membre le plus éminent de l'époque - fut le professeur Auguste Forel [photo]. Psychiatre et philosophe mondialement connu, le professeur Forel accepta la foi bahá'íe en 1920. Dans son testament il écrivit:

« En 1920 je pris connaissance de la religion transconfessionnelle des bahá'ís, fondée en orient il y a plus de 75 ans par le persan Bahá'u'lláh. C'est la vraie religion du bien social de l'humanité, sans dogmes ni prêtres, unissant tous les êtres humains vivant sur notre petit globe. Je suis devenu bahá'í. Que cette religion vive et prospère pour le bien de l'humanité; c'est mon souhait le plus ardent.  »

La petite fille de Forel, Mme. Annemarie Krüger, qui fut née en 1918 dans la maison de Forel dans le petit village d'Yvorne fut également présente à la célébration. Elle eut fait le voyage à Interlaken de Sofia en Bulgarie, où elle est engagée dans le développement de la communauté bahá'íe bulgare depuis vingt ans. Elle fut également la première bahá'íe à apporter cette religion en Moldavie; c'est pour cela qu'elle fut nommée « Chevalière de Bahá'u'lláh.  »

Une contribution importante fut rendue par la Suisse pendant la deuxième guerre mondiale. Quand la foi bahá'íe fut interdite sous le régime nazi en Allemagne la petite poignée de bahá'ís en Suisse représenta une forteresse de ce message de paix en Europe centrale. Ils continuèrent de publier de la littérature bahá'íe en allemand de sorte qu'après la guerre il y eut un stock de publications en allemand prêt à remplacer la littérature bahá'íe confisquée et détruite sous le régime nazi. Parmi la poignée de croyants suisses de l'époque fut Fritz Semle qui avait connu les horreurs de la première guerre mondiale et qui, quand il fit la connaissance de la religion bahá'íe en 1920, l'embrassa immédiatement et voua sa vie à ce message de la paix mondiale, en partie par le foyer d'enfants qu'il fonda avec sa femme. Son fils Niels fut à Interlaken pour partager ses souvenirs de son père et pour rendre hommage à sa vie de service à la foi bahá'íe en Suisse et au développement moral de générations d'enfants et de jeunes gens.

La communauté bahá'íe de Suisse est maintenant établie dans quelques 220 localités dans tout le pays. Le travail est coordonné et guidé par une assemblée nationale élue démocratiquement, mais l'organisation est largement décentralisée. Bien établie au niveau local, la base de la communauté est composée de membres d'origines culturelles, linguistiques, ethniques et religieuses différentes.

En fait la communauté bahá'íe suisse comprend aujourd'hui des gens de provenance de plus de 60 nations et territoires importants du monde. Cette diversité contribue à la richesse de la vie communautaire. Ce n'est cependant pas un mélange des cultures à sens unique puisque des bahá'ís de Suisse ont également voyagé dans plus de 160 pays et territoires pour assister leurs frères et sœurs dans le développement de communautés locales et nationales dans le monde entier.

Une des caractéristiques de la communauté bahá'íe suisse est son engagement pour l'égalité des femmes et des hommes. En fait, la chancelière de la Confédération, Mme. Annemarie Huber-Hotz, félicita la communauté bahá'íe à une réception récente à l'occasion du centenaire disant: « Dans votre religion, des droits égaux entre femmes et hommes sont et ont toujours été un principe et vous avez traduit ces principes dans votre vie quotidienne.  »

L'engagement de la communauté suisse pour l'égalité et l'avancement de la femme fut illustré par deux points culminants du week-end de célébration:

Mme. Renée Bahy-Vuichet qui joignit la communauté en 1949 fut présente à la fête. Peu après sa déclaration elle alla avec son mari vivre en Iran du sud où elle s'engagea pour l'éducation des enfants - des garçons et des filles - et pour l'avancement des femmes. Quand elle rentra en Suisse dans les années soixante pour assurer l'éducation de ses propres filles Mme. Bahy fut parmi les membres fondateurs de l'Association Suisse des Femmes. Elle fut présente à Interlaken avec ses deux filles, quatre petites-filles et une arrière petite-fille [photo].

Un autre résultat des activités de la communauté bahá'íe suisse dans le domaine de l'égalité d'hommes et femmes se trouve dans le rôle que les femmes jouèrent dans l'Assemblée nationale de la religion bahá'íe, l'institution exécutive des bahá'ís de Suisse, composée de neuf membres et élue démocratiquement. Déjà en 1953, quand la première Assemblée fut élue (assemblée interrégionale Italie - Suisse), il y eut 4 hommes et 5 femmes dont la fille de la première bahá'íe suisse, Edith de Bons. [photo]

Actuellement, l'Assemblée spirituelle nationale est composée de 6 femmes et 3 hommes provenant des quatre régions linguistiques. Des 57 personnes qui ont servi dans cette institution pendant son histoire cinquantenaire 29 furent des femmes et 28 des hommes. Un tel résultat remarquable n'est pas la conséquence d'un système de quotas quelconque où d'égalité forcée. C'est plutôt le résultat naturel d'un procès électoral particulier où il n'y a pas de candidats, pas de campagne électorale et pas de propagande. Les électeurs remplissent leur bulletin dans une atmosphère de prière pour ceux qu'ils considèrent les plus capables; et les élus acceptent volontiers de servir la communauté dans un esprit de service.

Dans les paroles de fin de ce week-end voué à l'histoire de la foi en Suisse l'Assemblée Nationale fit appel aux participants de prendre de l'inspiration et des forces de ceux qui les précédèrent et de rendre des services grands et durables à l'humanité, chacun et chacune selon ses capacités.

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