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La pauvreté peut être vaincue
Selon la Banque mondiale, plus d’un milliard d’humains font face à une pauvreté extrême. Pour couvrir leurs besoins fondamentaux, ils n’ont qu’un dollar à disposition par jour. Cela signifie : pas de toit, faim chronique, pas de soins médicaux, pas d’eau potable, pas d’accès à la technologie et à la science et avant tout, pas d’éducation pour les enfants. L’humanité, peut-elle encore se le permettre ? Surtout qu’il devient de plus en plus clair que la pauvreté contribue dans un monde complexe et interdépendant à l’insécurité globale, aux atteintes à l’environnement, à la violence jusqu’au terrorisme.
La pauvreté peut être vaincue et elle le sera. Bahá’u’lláh, fondateur de la religion bahá’íe (1817-1892), affirme : « Les potentialités inhérentes à la condition de l'homme, la pleine mesure de son destin sur la terre et l'excellence innée de sa réalité, tout cela doit se manifester en ce jour promis de Dieu.»
Au centre de toute planification couronnée de succès et visant à surmonter la pauvreté devrait se trouver premièrement la question de la véritable nature de l’homme et deuxièmement, le souci d’équité. Pour éradiquer la pauvreté une approche pragmatique n’est sans doute de première importance. Toutefois, elle ne saurait à elle seule dégager les forces motivationnelles nécessaires de l’esprit humain et de sa véritable nature. Aussitôt que des principes spirituels sont intégrés aux stratégies de développement, se dégagent les impulsions nécessaires et le fondement de la motivation. L’auto-responsabilité est favorisée, la dignité humaine garantie, des qualités morales telles que l’empathie, la fiabilité, l’humilité, le courage et la générosité deviennent plus importantes qu’une attitude purement matérialiste.
Toute suggestion formulée en vue d’un développement durable de la planète ne sera couronnée de succès que dans la mesure qu’elle correspondra aux exigences transparentes d’une équité globale. Au niveau de l’individu, le sens de justice est ce don de l’âme humaine qui permet de distinguer le juste du faux. Au niveau de la société la justice constitue la boussole indispensable à la prise de décision collective. Lors de la planification de stratégies d’éradication de la pauvreté elle garantit que tous les humains sont considérés comme des partenaires égaux, que l’esprit de consultation soit pratiqué, que l’impartialité soit reine, que les intérêts particuliers soient indissolublement noués à ceux de la société et que seuls les programmes de développement appuyés par la majorité des humains et répondant à leurs besoins soient appliqués. Pour en citer qu’un seul exemple : le progrès technico-scientifique, nécessaire, s’aligne sur des priorités très éloignées des vrais intérêts de la plupart des hommes. Les priorités erronées font partie des causes principales de la pauvreté aujourd’hui.
La justice est la force suprême qui peut traduire en une volonté commune la conscience naissante de l’unité de l’humanité dans sa diversité. Ce que vivent aujourd’hui les peoples, Bahá’u’lláh nous explique, est le progrès vers la maturité collective, un processus semé de maintes douleurs, qui finit par nous confronter avec l’évidence que „La Terre n'est qu'un seul pays et tous les hommes en sont les citoyens". Le bien-être de l’humanité, sa paix et sa sécurité dépendent de l’établissement de l’unité. Bien davantage, la spirale de la pauvreté ne peut être surmontée de façon durable que si le fait de l’unité organique de l’humanité est admise de plein cœur, et que cette conscience soit traduite dans les structures nécessaires. Le monde a été confié aux soins de l’homme en tant qu’un gage qu’il s’agit de respecter dans son intégralité. Cette gestion responsable constitue le fondement spirituel pour la plupart des autres droits, qui sont intimement liés à la question de la pauvreté : les droits humains, le droit au travail, le droits aux soins médicaux de base, le droit à la sécurité sociale, le droit à l’éducation, le droit à l’égalité entre les sexes et le droit à un environnement intact.
Selon notre avis, les dirigeants religieux portent une grande responsabilité dans l’effort de surmonter la pauvreté et la détresse des humains. Bien que sont manifestés au nom de la vérité des animosités religieuses allant jusqu’à la haine envers ceux qui pensent différemment, l’exclusivité ou l’oppression de la conscience, le refus d’égalité, la résistance contre la science et autres phénomènes similaires, il est toutefois inimaginable d’éradiquer le fléau de la pauvreté sans intégrer le pouvoir transformateur de la religion. La religion est source d’espoir et génératrice de sens pour une majorité des humains de cette planète. Il s’agit à présent de mettre à contribution cette force spirituelle, culturelle et sociale dans l’accomplissement du règne promis de paix et de prospérité pour tous qui depuis toujours fait l’objet d’une aspiration ardente.
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